La marionnette accompagne l'humanité depuis des millénaires, utilisée d'abord à des fins rituelles et religieuses pour transmettre mythes et légendes. Devenue populaire en Europe dès le Moyen Âge dans les foires et les marchés, elle s'est développée en France à travers les théâtres de foire et les spectacles ambulants des XVIIe et XVIIIe siècles, mêlant comédie, satire politique et situations burlesques accessibles à tous.

La marionnette à gaine se compose d'une tête et d'un buste enveloppant le bras du marionnettiste comme un gant, celui-ci contrôlant les mouvements avec ses doigts. La marionnette à fils, elle, possède un corps rigide et articulé mû par plusieurs fils reliés aux bras et aux jambes, manipulés à l'aide d'une croix d'attelle en bois. Ces deux techniques, bien différentes dans leur manipulation, ont donné naissance à des traditions théâtrales distinctes à travers l'Europe.
C'est au début du XIXe siècle, à Lyon, que la marionnette à gaine connaît son moment fondateur le plus célèbre. Laurent Mourguet, ancien canut reconverti en arracheur de dents ambulant, crée le personnage de Guignol vers 1808. Symbole vivant de la marionnette française, Guignol incarne depuis plus de deux siècles la révolte populaire et un humour satirique hérité des spectacles de foire.
Loin d'être un art figé dans le passé, la marionnette continue d'évoluer aujourd'hui à travers des compagnies contemporaines qui explorent de nouvelles formes, tout en conservant les techniques traditionnelles à gaine et à fils dans les théâtres qui perpétuent le répertoire de Guignol, notamment à Lyon où plusieurs guignols historiques accueillent encore un public familial.